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LA TRIBUNE INTERNATIONALE N°8- « BIG BROTHER », LA DÉMOCRATIE ET LES RÉSEAUX SOCIAUX

LA TRIBUNE INTERNATIONALE


Le débat euro-atlantique

Considérations géopolitiques et stratégiques d'analystes de la scène internationale,

concernant les États-Unis, l'Union Européenne et la Russie.

 

Sélection mensuelle

n°8- 10-24 octobre 2014

des articles retenus par notre correspondant et « Conseiller Scientifique »,

 

Carlo BRUMAT

Physicien, Consultant International, Professeur de Management

 

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« BIG BROTHER », LA DÉMOCRATIE ET LES RÉSEAUX SOCIAUX

Théorie et pratique du coup d’État, un autre visage de la guerre ?


Source: Memegenerator.net

Deux changements stratégiques majeurs ont permis d'éviter une confrontation directe entre les USA et la Russie à propos de l'Ukraine. Le premier a été le recadrage d'une posture de primauté globale à celle de « Lead from Behind » comportant un pivotement vers l'Asie et l'absence de forces conventionnelles importantes en Europe. Pour la Russie, la posture défensive et l'adoption de la doctrine de la « guerre hybride » ont fait encaisser le coup d’État de Maïdan et ont entraîné une logique de rétorsion et de désagrégation unitaire de l'Ukraine par une compensation territoriale en Crimée. Le soutien indirecte aux révoltes filo-russes du Donbass a comporté une intervention des forces de stabilisation russes et filo-russes, régionales et locales, à l'Est de l'Ukraine.

En ligne générale, les changements de régime obtenus par des coups d’État, suscités ou soutenus par « Big Brother », constituent l'autre face de la violence politique inter-étatique qui aurait conduit autrefois à la guerre. Ces changements cumulent une géopolitique des crises, une mobilisation sociale large et une prise de pouvoir illégale.

Le système international procède tout à la fois de rapports de force et de pouvoir, de heurts d’intérêts ou de luttes d'idées et de valeurs et, dans ce cadre, de formes d'intervention extérieures, dictées par une stratégie de « Lead from Behind ». Il s'agit de la forme supérieure de la stratégie, consistant à « vaincre l'adversaire sans ensanglanter la lame » (selon la maxime de Sun Tzu) et se donnant pour but de briser la résistance de l'ennemi sans combattre. Ainsi, la nouvelle méthode de guerre du « Big Brother » consiste à utiliser les révolutions en couleurs, les médias sociaux et les ONG pour déstabiliser et mobiliser les « sociétés civiles » ciblées dans un double but de déséquilibrage des forces politiques et de changement de régime. C'est la stratégie qui a été adoptée à Maïdan et en Ukraine, donnant l'illusion d'un mouvement de masse revendiquant une démocratie sans racines et sans passé contre des régimes autocratiques bien enracinées dans l'histoire post-soviétique.

A ce propos, peut-on se poser la question de savoir si « Big Brother » est l'incarnation d'un mythe orwellien ou la première évidence politique de la conjoncture actuelle ? De qui est-il le mentor en Ukraine, dans les Pays baltiques et dans l'Europe de l'Est ? La démocratie revendiquée par les révolutions de couleur resulte-t-elle d'un équilibre précaire et interne des pouvoirs ou, en revanche, d'une manipulation de masse venant des puissances extérieures ? De quelles forces de subversion et de révolte peut-elle être la revendication, la justification et le parapluie ? Les réseaux sociaux, comme météorites d'une société civile en germes, pulvérisée par la technologie, nous amènent-ils vers la liberté ou vers de nouvelles sujétions ? Nous accompagnent-ils vers des « printemps » en politique, puis vers l'hibernation de la raison ou, en revanche, vers le bonheur permanent des sociétés d'avenir ? Une nouvelle pratique des « coups d’État » s'ouvre à la théorie politique, à partir du paradoxe de constituer l'autre visage de la guerre moderne et la caisse d'étouffement de la violence inter-étatique.

Voilà ce qu'évoquent les titres des articles choisis.

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L'ETAT ISLAMIQUE ET SON ABSENCE DE TERRITORIALITÉ


Source: Paris Match

L’État Islamique habite une contradiction dans son appellation même ; il n'est pas, en effet, un État. L'État est caractérisé par trois éléments : un peuple, un gouvernement et un territoire. Or, l'État Islamique ne répond pas à ces critères, il ne possède pas de territoire à proprement parler et pas de gouvernement identifié et stable. De son absence de territorialité découle une absence de frontières, qui menace les États avoisinants et désagrège la structure classique de l'État westphalien. Les États du Moyen Orient dont le tracé est issu de la décolonisation s'en trouvent remis en cause par son expansion. Ceux qui ont un intérêt géopolitique à défendre n'ont pas d'interlocuteurs dans le camps des agresseurs. Ceci engendre une instabilité permanente qui rend extrêmement difficile l'établissement de revendications et de négociations. L'État westphalien au Moyen Orient, tel qu'il a été réalisé, est-t-il en train de se dissoudre au profit d'un radicalisme sans frontières, qui remet en cause le pouvoir même des pays arabes existants?

 


Textes introductifs par Irnerio Seminatore et Chloé Féré
Mise en page et choix final par l'équipe de l'IERI

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