LA SÉCURITÉ INTERNATIONALE ET LA NOUVELLE DOCTRINE NUCLÉAIRE AMÉRICAINE

Dissuasion, désarmement et non-prolifération. Un nouveau paradigme de rationalité?
Auteur: 
Irnerio Seminatore
Date de publication: 
14/10/2010

 

 

TABLE DES MATIÈRES

La vulnérabilité commune de l'hémisphère Nord inscrit-elle les objectifs de sécurité dans la seule dimension du terrorisme international ou ne les étale-t-elle pas plutôt sur une série d'incertitudes qui incluent la composante nucléaire comme axe encore déterminant des relations générales ?

La mutation du paysage stratégique mondial au cours des vingt dernières années a réduit l'importance de l'arme nucléaire et donc l'importance de la dissuasion réciproque entre les duellistes majeurs du système planétaire, jadis bipolaire. En porte témoignage l'orientation de l'Administration américaine à concevoir une nouvelle doctrine, s'affichant comme « l'exemple » du désarmement et de la lutte contre la prolifération. L'annonce d'Obama à Prague en avril 2009 (« Rechercher la paix et la sécurité d'un monde sans armes nucléaires ») a relevé un pari risqué, dont le but s'est concrétisé un an plus tard dans la réduction des armes stratégiques du Traité Start. Ce Traité a comporté une réduction limitée1 du nombre et du rôle des armes atomiques dans la politique de défense des États-Unis.

Presque simultanément, le Président Obama a rendu public, le 6 avril 2010, la « Nuclear Posture Review », la troisième depuis 1991, concernant le mode d'emploi de ce type d'armes dans le cadre de la reformulation doctrinale du pays. Le « non-emploi » du nucléaire contre des États non nucléaires constitue désormais le premier pas vers l'objectif affirmé par le Président pour un monde sans armes de destruction massives. Il s'agit là d'un postulat stratégique et du fond doctrinal de la posture américaine, adressée à des États qui respecteront le Traité de Non-Prolifération (TNP) de 1968.

Start 2, la dissuasion et le paradigme de rationalité

Les garanties de sécurité, proposées indirectement à l'Iran et à la Corée du Nord, suivront par conséquent une logique qui distingue la dissuasion de la prolifération et, dans le contexte dissuasif, la dissuasion de théâtre ou anti-forces (autorisant des frappes en premier) et la dissuasion génocidaire ou anti-cité, qui laisse une large marge d'incertitude à cette nouvelle doctrine entre la rationalité de la première et l'irrationnalité de la deuxième.

La conversion de l'establishment américain (G. Schultz, H. Kissinger, D. Nunn, W. Perry), à cette lecture de la scène internationale, est une rupture décisive de la stratégie nucléaire depuis ces soixante dernières années. Elle est fondée sur la remise en cause fondamentale du « paradigme de rationalité » qui relèverait des détenteurs de l'arme atomique. L'extension des marges d'incertitude, qui concerne les nouveaux dangers, pourrait encourager à l'emploi des acteurs étatiques déstabilisés ou faibles (Iran, Pakistan, Corée du Nord) et des actants sub-nationaux irréguliers et exotiques (groupes terroristes divers)2.

Par ailleurs, le paradigme de rationalité lie en profondeur les capacités stratégiques et le comportement politique en toutes ses variantes (émotionnelles, fanatiques, spéculatives ou religieuses) influant sur les intentions et les modes d'emploi. En effet, les nouvelles vulnérabilités n'abolissent en rien la fonction sécurisante de la dissuasion mais la limitent et la différencient.

Le Traité, la prolifération et la « légitimité du déterrent »

Dans ce nouveau contexte, le renoncement américain à la dissuasion élargie et au couplage inter-théâtre peut devenir un encouragement à des formes de prolifération régionales incontrôlables. A partir de ces considérations, la base doctrinale du nouveau paradigme du désarmement, devient celle d'« un nouveau monde sans armes nucléaires ».

L'insularisation politico-stratégique, le rapport entre conventionnel et nucléaire, la hiérarchie de puissance, s'en trouvent ainsi remis en cause (au moins au plan conceptuel). Il est donc évident que, renoncer au nucléaire, c'est toucher à la distribution des cartes et à la hiérarchie de pouvoir dans la nouvelle répartition de la puissance internationale entre « have » et « have not » et, dans la marche pleine d'embuches vers un monde multipolaire, c'est toucher au système international comme tel, en son concept, en sa morphologie, et en son historicité; bref, en ses rapports de forces.

Aller vers un monde dénucléarisé signifie t-il par ailleurs, d'être obligé de choisir entre évolution ou « status quo », sermon idéaliste ou repli réaliste ? Ce sont là des dilemmes bien connus de la philosophie politique et des choix historiques des hommes d'État. Ces dilemmes touchent, en leurs fondements, au concept de « légitimité » du pouvoir ultime de contrainte, la détention du déterrent, ainsi qu'à la forme coutumière de son emploi, en cas d'atteinte aux intérêts vitaux des nations. Ils participent pleinement à la montée croissante des incertitudes stratégiques et des ambiguïtés de conduite des acteurs et des réseaux de la scène internationale.

Le Traité et ses ambiguïtés
Armes stratégiques et défense anti-missiles

En réalité, un lien souterrain resserre la signature de START 2 à la nouvelle doctrine nucléaire américaine et au sommet de 47 Chefs d'État, auxquels se rajouteront les représentants de l'UE, de l'ONU et de l'AIEA sur la sécurisation des composantes nucléaires, suscité à Washington les 12 et 13 avril 2010. L'accord de suivi du Traité START 1 de 1991, relatif à la réduction des armes stratégiques offensives, est une victoire diplomatique d'Obama en matière de redémarrage des relations bilatérales Washington-Moscou et ce traité accrédite l'existence d'un lien entre désarmement et non-prolifération, que certains acteurs contestent et notamment la France.

Le Traité ne règle pas le sort des armes tactiques stationnées en Europe occidentale qui ont été conservées pour éviter le découplage entre sécurité européenne et engagement des États-Unis et constituent des vestiges de la guerre froide. Les critiques de ce reliquat historique rappellent que l'accord de 1987 entre les USA et l'URSS sur les forces nucléaires à portée intermédiaire aurait dû éliminer cette catégorie d'armes. Cette élimination est perçue aujourd'hui avec méfiance et comme une concession faite à Moscou. En effet, la Russie bénéficie d'une suprématie en matière d'armes nucléaires tactiques destinées à compenser la supériorité conventionnelle américaine. La principale signification de ce Traité réside dans sa portée politique et symbolique qui anticipe sur la redéfinition par l'OTAN de son nouveau concept stratégique.

Une définition destinée à recadrer, pour la première fois depuis dix ans, le rôle des armes nucléaires dans la doctrine d'emploi otanienne.

Au plan général et du point de vue de son interprétation, l'accord START 2 s'inscrit dans la mise au point du « rôle fondamental des armes nucléaires américaines qui est de dissuader une attaque nucléaire contre les États-Unis, leurs alliés et leurs partenaires ». Le lien entre le désarmement stratégique des États-Unis et la défense anti-missile de théâtre demeure l'objet de lectures opposées par les deux parties américaine et russe. Hillary Clinton a récusé fermement un lien juridiquement contraignant et Sergueï Lavrov a prévenu que la Russie se réservait le droit de sortir du Traité si « le développement quantitatif et qualitatif du potentiel de défense anti-missile des États-Unis venait à peser sur l'efficacité des forces nucléaires stratégiques russes ».

Le règlement de cet accord est loin d'avoir résolu tous les problèmes, à partir de ceux qui concernent les procédures de ratification, jusqu'à la prise en compte des arsenaux nucléaires et des stocks. C'est une « épée de Damoclès » qui est suspendue sur tout le processus. En effet, les conclusions auxquelles sont parvenus les négociateurs sont basées sur l'évaluation des vulnérabilités et des dangers existants, qui seraient pour les uns, ceux d'un « monde réel » et pour les autres ceux d'un « monde virtuel » (N. Sarkozy). En ce qui concerne le risque terroriste, la recrudescence des réseaux terroristes internationaux, le radicalisme et les insurrections, qui font partie intégrante de l'environnement stratégique, la nouvelle doctrine américaine, « Nuclear posture », fait de ce risque une priorité, confiée à la coopération internationale, car « par un curieux détour de l'Histoire, la menace d'une guerre nucléaire mondiale s'est éloignée mais le risque d'une attaque nucléaire a augmenté » (B. Obama).

Obama et l'utopie de la raison

Si l'alignement transatlantique des intérêts sécuritaires devient la seule garantie de stabilité de l'hémisphère Nord et recouvre ainsi l'ensemble de la région qui va de Vancouver à Vladivostok, la doctrine « Nuclear posture » ne peut ignorer les intentions et les ambitions de Pékin, dont les intérêts géopolitiques et stratégiques seraient filtrés, selon l'interprétation la plus bénévole, par l'optique de l'interdépendance et du multilatéralisme, plutôt que par le concept capacitaire de pôle ou de polarité. Cette posture laisse entrevoir des ouvertures au dialogue, pouvant émousser l'idée de confrontation au profit de celle de condominium ou encore de nouvelle symbiose. La modernisation de l'arsenal nucléaire chinois est brouillée par des doutes sur les intentions stratégiques futures de la Chine. Ainsi, la « carterisation » de la diplomatie d'Obama ne peut se configurer comme une reformulation du leadership et un habillage de la politique de primauté. En effet, lui font défaut la volonté d'affirmation historique et l'intransigeance unilatéraliste sur les dossiers les plus épineux au profit d'un partage des responsabilités avec les pays émergents. Elle est empreinte de formes de bilatéralisme sélectif avec les acteurs dont il a besoin pour obtenir des soutiens significatifs lui permettant de durcir ses positions ou d'adopter des sanctions par des approches communes notamment à l'ONU. Par ailleurs, la tentation de redéfinir un cadre stratégique global, consécutif aux rééquilibrages d'un monde dénucléarisé et l'aspiration à y adapter le rôle de l'Amérique, lui font perdre de vue la notion de stabilité géopolitique globale. Cette notion est capitale, car elle est indispensable à garantir la gouvernabilité d'un système à forte hétérogénéité, d'où le paradoxe de la conversion d'Obama à un monde sans danger nucléaire. Selon M. Obama, cette conversion doit être encouragée. Il en résulte que les marges de manœuvre d'Obama sont étroites, car toute la difficulté est de savoir comment obliger un pays à renoncer à ses ambitions nucléaires, lorsque les alternatives sont inefficaces (sanctions, isolement international), ou extrêmement risquées (actions militaires). Comment parvenir alors à un monde sans danger nucléaire ?

Ce monde, rétorque le réaliste, est inexistant car la philosophie sous-jacente à cette vision est celle d'une société internationale à l'ennemi commun et sans divergences d'intérêts. Il s'agit d'un monde virtuel qui se satisfait de compromis obtenus par la vertu du dialogue et par l'élargissement de la discussion afin de parvenir à des stratégies harmonisées et consensuelles. Naît alors de cette recherche l'idée de dégager une position commune face à la menace du terrorisme international. C'est à partir d'un tel dessein qu'a fait son chemin le projet de convoquer un sommet international sur la sécurité internationale et sur la maîtrise de l'évolution mondiale du nucléaire.

Le pari d'Obama

Comment dissuader l'Iran, la Corée du Nord, Al Qaïda et les autres groupes terroristes ? Comment stabiliser le Pakistan, faire changer d'avis le Brésil ou l'Afrique du Sud, convaincre la Chine, la Russie, la Turquie et d'autres pays émergents qui privilégient la voie du dialogue ? De quelle manière réduire les stocks, arrêter complètement les essais nucléaires et lutter contre la prolifération ?

 L'appel d'Obama à la tenue d'un sommet mondial à Washington pour empêcher la prolifération de matériaux sensibles s'accompagne de l'effort en direction du Sénat américain pour la ratification du « Traité d'interdiction complète des essais nucléaires » (CTBT).

 Par ailleurs, en complément de ce pari et comme signe de sa détermination, Obama entend négocier un nouveau traité international en mesure de « mettre fin de manière vérifiable à la production de matériel fissile » à des fins militaires. Thucydide nous a rappelé, dans « Les Guerres du Péloponnèse », que chaque négociation comporte une multiplicité de moyens et de voies, de pression et d'influence, qui consistent à départager les enjeux, à réunir les convaincus, négocier avec les indécis, isoler les récalcitrants, départager les gains et les défaites d'un conflit, empêcher de quitter la coalition par l'avantage ou la menace, anticiper sur les intentions de l'adversaire et de son camp, parer aux ripostes adverses, fixer un délai et obliger les amis et les adversaires à trancher sur le vif.

 Offensive et contre-offensive sont toujours là, en face à face, en diplomatie et en guerre, quels que soient le dessein ou l'ambition.

Le Sommet de Washington sur la « Sécurité nucléaire ».
La « boîte de Pandore » et le « défi du bien » ?

Suivant sa méthode et son plan et poursuivant « l'ennemi commun »3, Obama a donc convaincu 47 chefs d'État à retourner à la table des négociations à Washington les 12 et 13 avril 2010 pour s'attaquer au problème de la sécurité nucléaire, première grande conférence internationale de sa présidence, et donc aux arsenaux tactiques et aux stocks.

À partir de la coalition rassemblée à cette occasion, le leadership américain peut-il se satisfaire ou se rassurer d'avoir bâti son alliance sur les pays émergents, les BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine), les pays du Sud et le dangereux club de l'Inde et du Pakistan, plutôt qu'avec les pays du vieux « club nucléaire » (USA, France, Grande-Bretagne, Russie et Chine) ?

A-t-il obtenu un gain, en écartant la logique multipolaire au profit de celle multilatéraliste, déclinante et par sa nature conjoncturelle ? Il n'est guère exclu que le sommet ait ouvert la « boîte de Pandore », emportant très loin et très haut l'éruption d'un nuage toxique composé d'exigences réelles, de revendications anciennes et d'attentes sous-jacentes, avec l'effet contre-indiqué de faire jaillir des réserves importantes dans son propre camp ?

En effet, le Sommet sur la sécurité nucléaire, après avoir fait émerger des positions indulgentes (vis à vis du perturbateur iranien, toujours présent en toile de fond) et les régimes d'exception (Inde), a été propice à un climat revendicatif animé par l'Égypte, qui mène le groupe des non-alignés depuis 2009, et qui demeure déterminé à poursuivre l'examen du TNP, par sa volonté d'organiser une conférence à New-York en mai 2010 sur le thème, « Le Moyen-Orient exempt d'armes nucléaires », centré sur l'arsenal d'Israël.

Une raison supplémentaire d'encadrer l'analyse du nucléaire dans sa liaison au conventionnel, en inscrivant cette relation dans la politique des alliances régionales, consiste à placer ce « link » au cœur des équilibres multipolaires du système international qui se dessine. Il en résulte que les figures des perturbateurs changent au fil des conjonctures, cependant que les vulnérabilités et les dangers demeurent et exigent des réponses.

L'ouverture de la « boîte de Pandore » d'un monde dénucléarisé n'est guère le rappel de la grande mythologie grecque mais bel et bien le défi de vouloir toucher à l'ordre et au désordre des dieux et des nations. C'est le « défi du bien » en politique internationale, ou l'entrée dans le plus profond inconnu, celui insondable, de la vertu de l'homme.

L'échiquier stratégique de demain et la dissuasion au laser

Allons-nous vers un monde sans armes nucléaires au motif qu'a disparu l'une des raisons ayant justifié par le passé, l'adoption d'un puissant moyen d'autonomie de stabilité et de souveraineté, de décision et d'action, dans l'espace d'interdiction qui est le sien ? Y a-t-il pour les États une autre paix que celle qui naît de la peur et de la terreur ?

Un défi technique aussi rassurant que le défi psycho-politique du nucléaire et aussi imparable est difficile à concevoir. Cependant, un bouclier en mesure de dissuader un perturbateur, qui agisse au mépris de la raison et du calcul de rationalité, est toujours à l'étude et porte sur une muraille infranchissable et annihilante, justifiant la possibilité de désarmer l'adversaire qui voudrait parvenir à ses fins par une attaque préemptive. Le tir réussi d'un laser antimissile américain a détruit en vol, le 11 février 2010, un missile d'attaque simulant une trajectoire balistique offensive et ouvre ainsi une nouvelle page de la stratégie nucléaire de dissuasion. Il interdit d'agir dans tous les cas de figure sauf celui du terrorisme. La stratégie d'interdiction dissuasive pourrait se prévaloir des deux aspects de la dissuasion (la dissuasion par interdiction anti-balistique et la dissuasion par représailles stratégiques) ce qui permet de combiner le glaive nucléaire et le bouclier antimissile.

L'idée d'une vulnérabilité est une composante psycho-politique essentielle des conceptions américaines, car elle correspond à la tradition d'insularité du continent. Cependant, elle est contradictoire avec les accords de stabilité stratégique globale. Elle peut être obtenue demain par un réseau de forteresses volantes Airborn Laser (ABL), appuyées sur les satellites du Defense Support Programm (DSP), émaillées sur toute la surface du globe et assurant la surveillance stratégique et la défense avancée.

Cette combinaison d'avions au laser et de réseaux satellitaires pourrait assurer un bouclier imparable contre toute attaque nucléaire, assurant à la défense une supériorité stratégique qui accroit le degré d'incertitude de l'attaquant, l'exposant à une rétorsion en représailles dévastatrices. Sa mise en œuvre remettrait en cause la parité des vulnérabilités qui assure la stabilité nucléaire globale entre les puissances nucléaires. En effet, elle pourrait assurer le dessus contre des attaques des puissances nucléaires montantes et proliférantes (Chine, Iran, ...) moins soucieuses de la valeur de la vie humaine et assurée de la survie par la dissymétrie écrasante du nombre. Une survie qui, dans le cas indien ou chinois, se compte par centaine de millions de morts. Le succès, garanti aux USA par la réussite de ces tirs au laser, conjuguant l'utilisation effective d'un bouclier laser antimissile en fonction défensive à l'emploi virtuel du glaive nucléaire en représailles, devrait être étudié attentivement par l'Union Européenne et ses pays membres nucléaires (Grande-Bretagne, France) et non nucléaires (Allemagne) pour assurer la pérennité de l'autonomie de décision et d'action des pays européens. Elle maintiendrait un équilibre crédible entre conventionnel et nucléaire en mesure de ne pas céder au chantage, au situation de crise extrême, entre anéantissement ou capitulation.

Ainsi, et en conclusion, les avancés techniques n'éliminent pas les dilemmes politiques et les incertitudes stratégiques car tout ordre international est placé sous le signe du risque et des grandes inconnues.

 

 1L'accord « start follow on » signé à Prague le 8 avril 2010 prévoit de réduire de 30% le nombre d'armes nucléaires par rapport au plafond autorisé jusqu'ici de 2 200 charges de part et d'autre. Ce nouvel accord se réfère au « traité de Moscou » signé en mai 2002 qui fixait la limite réciproque dans une fourchette située entre 1 700 et 2 200 charges. Compte tenu de la réduction américaine unilatérale effectuée sur instructions de Bush, ayant porté l'arsenal américain à la limite de 1 700 charges, la réduction effective est de 150 charges nucléaires du côté des États-Unis. Cette réduction aurait pu être supérieure en nombre, à cause du mauvais état d'entretien de l'arsenal russe vieillissant. Par ailleurs, le nombre des lanceurs autorisé est de 800 sur les 1 600 d'auparavant. La révulsion pour les armes nucléaires et en particulier pour le MAD (destruction mutuelle assurée) avait poussé R. Reagan à lancer la « guerre des étoiles » qui devait aboutir à un bouclier nucléaire protecteur, dont la signification était de remettre en cause la stabilité nucléaire globale.

2Al Qaida et d'autres organisations terroristes pourraient considérer comme une aubaine la déstabilisation du Pakistan qui leur permettrait d'accéder à son arsenal nucléaire (de 60 à 100 têtes)

3Seule la notion d'ennemi, identifiée à la différence éthique, est structurante en politique pour C. Schmitt, qui ne lui accorde aucune signification humaniste et commune. Or l'ennemi pour être tel doit être désigné politiquement.

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