En 2026, Israël est confronté à une réalité stratégique complexe et inédite. Ses relations extérieures sont largement marquées par la guerre israélo-américaine en Iran, qui s'est transformée en conflit régional avec des combats en cours à Gaza, en Cisjordanie, en Syrie et au Liban.
Situation actuelle
Début 2026, l'État d'Israël se trouve presque entièrement dépendant du soutien américain, occupant une position fragilisée et isolée sur les scènes internationale et régionale, tout en façonnant avec force son propre environnement stratégique.
Ces tendances peuvent être résumées comme suit :
1. Érosion de l'autonomie stratégique : La relation privilégiée avec les États-Unis a pris une tournure de clientélisme marquée, l'administration de Washington influençant et décidant des questions clés, tandis que le soutien public et politique à Israël aux États-Unis atteint un niveau historiquement bas.
2. Éloignement du monde libéral-démocratique: Face aux critiques croissantes et à un isolement diplomatique grandissant de la part de l’Union européenne et des pays occidentaux, Israël a opté pour une politique d’éloignement, de boycott et de rupture des relations.
3. Défi de la fragmentation et de l’intégration régionales:
Les pays arabes ont exclu Israël des processus d’intégration régionale.
Israël a intensifié ses actions: accélération des procédures d’annexion en Cisjordanie tout en affaiblissant l’Autorité palestinienne, retard de la mise en œuvre des processus politiques à Gaza, campagne en Iran (qui renforce la position de Téhéran) et violents combats au Liban.
Israël se trouve ainsi enlisée sur de multiples fronts, diplomatiquement isolée, avec une image internationale ternie et sans avoir atteint ses objectifs stratégiques.
Les relations extérieures d’Israël
Les relations extérieures d’Israël sont largement déterminées par la guerre israélo-américaine contre l’Iran, qui s’est transformée en un conflit régional avec des fronts ouverts à Gaza, en Cisjordanie, en Syrie et au Liban. Israël a entamé l'année 2026 en étant quasiment entièrement dépendant des États-Unis, de plus en plus perçu comme un État paria par une grande partie de l'opinion publique régionale et internationale, et enclin à façonner son environnement stratégique par des actions unilatérales et le recours à la force.
L'autonomie d'Israël a été davantage érodée par la mainmise constante de Trump sur les aspects clés de sa politique étrangère et de sécurité, ainsi que sur la définition de son champ d'action.
Israël s'est encore éloigné de l'Union européenne, des États européens et de l'opinion publique libérale occidentale, et a répondu aux critiques et aux condamnations de sa politique en rompant ses relations avec les acteurs internationaux et en les boycottant.
L’isolement croissant d’Israël
L’isolement régional et international croissant n’a pas conduit Israël à modifier sa politique sur la question palestinienne ni à renoncer à sa tendance à privilégier la projection de force à la coopération. Sur le front palestinien, le gouvernement israélien a accéléré l’annexion de la Cisjordanie par le biais de lois, de l’approbation de projets de construction et du soutien aux violences des colons, tout en s’efforçant d’affaiblir l’Autorité palestinienne jusqu’à son effondrement. À Gaza, il a retardé et entravé la mise en œuvre du plan Trump.
Au niveau régional, il a lancé une guerre contre l’Iran, ce qui n’a fait que renforcer la position régionale et internationale de ce dernier; il a mené une importante campagne militaire au Liban malgré la signature d’un accord qui n’a toujours pas été appliqué; il a exacerbé les tensions et la rivalité avec la Turquie; et il a gelé les progrès de l’accord de sécurité avec la Syrie en raison d’une focalisation accrue sur les scénarios iranien et libanais. Israël se retrouve diplomatiquement isolé, embourbé sur de multiples fronts militaires, avec une image internationale désastreuse, et sans avoir atteint ses objectifs stratégiques et de sécurité.
Considérations
La méfiance et la suspicion se sont accentuées entre Israël et les pays arabes de la région, unis pour critiquer et condamner la politique israélienne à Gaza, en Cisjordanie, au Liban et en Iran. La Jordanie a catégoriquement rejeté une rencontre entre Netanyahu et le roi Abdallah, rencontre qu'Israël souhaitait faciliter. L'Arabie saoudite et le Qatar ont rejeté sans ambages la demande de Trump de promouvoir la normalisation des relations avec Israël dans le cadre de l'accord de paix avec l'Iran et ont réaffirmé que cela ne se ferait pas sans progrès sur la question palestinienne.
La Turquie, l'Arabie saoudite, l'Égypte et le Pakistan ont signé un accord de sécurité commun faisant référence à la question palestinienne, proposant une alternative aux cadres de coopération régionale incluant Israël.
La rivalité et l'éloignement entre Israël et la Turquie s'intensifient: la Turquie a critiqué la politique israélienne à Gaza et en Cisjordanie, ainsi que sa conduite dans la guerre contre l'Iran et en Syrie. La rhétorique bilatérale s'est durcie et Israël est dépeint comme un État exploitant la guerre pour étendre son emprise territoriale au Moyen-Orient. Israël, cependant, reconnaît le génocide arménien comme une source supplémentaire de griefs et de conflits dans sa confrontation avec la Turquie.
Parallèlement, les États-Unis et l'Arabie saoudite ont conclu un accord de coopération nucléaire civile qui autorise Riyad à construire des réacteurs utilisant la technologie américaine et à enrichir l'uranium sur son territoire. Ce pacte n'oblige pas l'Arabie saoudite à se soumettre au régime d'inspection de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Cette exemption pourrait permettre à l'Arabie saoudite de se procurer une bombe atomique. Cet accord alimente le mécontentement en Israël, tant au sein de la majorité au pouvoir que dans l'opposition parlementaire.
Conclusions
L'opposition internationale aux politiques israéliennes à Gaza, en Cisjordanie, au Liban et en Iran s'intensifie ; la société civile internationale boycotte de plus en plus Israël et les Israéliens, tandis qu'Israël choisit de se désengager et de prendre ses distances avec le monde libéral et démocratique. De nombreux pays ont critiqué les actions d'Israël dans divers domaines, et des tensions sont apparues même avec certains de ses plus proches alliés, comme l'Allemagne et l'Italie.
Les relations avec l'Espagne et l'Afrique du Sud sont dans une situation critique. Des poursuites ont été engagées contre Israël devant la Cour internationale de Justice de La Haye pour génocide à Gaza, et la Cour pénale internationale a émis de nouveaux mandats d'arrêt contre de hauts responsables israéliens. Israël figure sur la liste noire des pays responsables de violences sexuelles dans les zones de conflit.
Des plaintes ont été déposées devant des tribunaux du monde entier contre des soldats des Forces de défense israéliennes (FDI) ayant participé à la guerre à Gaza, tandis que plusieurs États ont imposé des sanctions ou interdit l'entrée sur leur territoire à de hauts responsables israéliens.
Des personnalités culturelles, sportives et artistiques, ainsi que des syndicats du monde entier, ont appelé à un embargo sur les armes à destination d'Israël, l'accusant de génocide et de destruction systématique à Gaza. Ils ont également annulé leurs visites en Israël et leur coopération avec les Israéliens, et appellent au boycott d'Israël et des artistes israéliens.
Des chercheurs et des associations universitaires ont rompu leurs relations avec les institutions et les chercheurs israéliens, et la participation à des projets de recherche universitaire a fortement diminué.