EMEUTES PARISIENNES, IMPUISSANCE POLITIQUE EN FRANCE ET EN EUROPE

UN NOUVEAU « BLOC HISTORIQUE », NATIONAL ET EUROPEEN ?
Auteur: 
Irnerio Seminatore
Date de publication: 
7/6/2026

TABLE DES MATIERES                                                                                                                                                                                      

  • Les menaces et leur constat
  • Ordre, immigration et crise de la souveraineté étatique
  • Rupture du consensus et nouvelle perspective constitutionnelle et politique
  • La France et la « crise organique » du « Vieux Pays »
  • Quel salut pour une France et une Europe brisées par l'anarchie ? Un nouveau « Bloc Historique », national et européen

 

***********

Les menaces et leur constat

A quel type de menace à l'ordre social appartiennent les émeutes parisiennes et les manifestations de violence urbaine suite à la victoire du PSG en France, perçues comme la révolte d'une population de jeunes noirs et maghrébins et quelles causalités peuvent-elles être évoquées, au-delà de l'aspect factuel, quant à la corrélation entre immigration et délinquance ? En ligne de principe, la première réponse concerne l'état de la société française et donc la rupture du seuil sécuritaire entre français de souche et immigrés, puis la décomposition du système post- colonial lié au phénomène migratoire et, enfin les modes de gouvernement et les principes laxistes adoptés par le pouvoir macronien et ses prédécesseurs. On doit ajouter les liens entre la politique migratoire des Etats-Membres de la Cour européenne des droits de l'homme et les délibérés de la Convention européenne homologue (CEDH), dont la France fait partie. Il s’agit là d’une question de portée constitutionnelle, qui décide, à la place des pouvoirs nationaux et de leurs peuples, qui a accès à leur territoire, qui peut rester, et qui doit être expulsé. Cette législation porte atteinte aux pouvoirs nationaux et à l'ordre interne des différents pays et influe sur la cohésion et les conflits des pays- membres européens, car combattre l'immigration illégale, c'est le rôle de l'Etat, pas de la Cour et nul n'a intérêt à un gouvernement des juges

Ordre, immigration et crise de la souveraineté étatique

Ainsi la rupture de l’unité interne du « Vieux Pays » est le premier signe de la perte conjointe de légitimité et d'autorité et, par conséquent, d’une crise du pouvoir et de l’unité politique de la nation, en ce qui concerne l'homogénéité ethnique et socio-culturelle de la France et l'existence d'une corrélation entre immigration, délinquance et population carcérale

Les périodes dites de transition entre deux cycles de développement et de conflits, sont aussi des périodes de transformations entre cultures et civilisations, pendant lesquelles les troubles intérieurs atteignent l’intensité extrême. Or, l’immigration de masse en France et dans la quasi-totalité des pays-membres de l'UE est favorisée par une lâcheté des pays d’accueil, qui accordent aux nouveaux venus des conditions et des droits indiscriminés, inscrits dans des lois et des conditions de vie favorables et pourtant critiqués et détestés. Le choc est alors inévitable entre composantes d’une population de souche de plus en plus brimée et une agglomération d'individus et de clans, de plus en plus hétérogène, qui remet en cause l'ordre social et l’autorité des pouvoirs d’Etat.

L’islamisme croissant, le terrorisme international, le narcotrafic et l'impunité pénale de ces populations accroît l'insécurité intérieure qui devient l'autre médaille de la menace externe. En effet l’ordre interne se commue en appendice de l’ordre international et dans cette situation la conjoncture stratégique actuelle, accentue les faiblesses de la France, qui est renvoyée en permanence à sa vieille instabilité gauloise

La politique des démocraties vis-à-vis des immigrés haineux et hostiles à la République ou à l'Europe, pourrait justifier une politique d'extrême sévérité, au nom de la souveraineté et de sa fonction de garante de la liberté ou encore de son indépendance extérieure. Quant à la perspective prévisible, cet immigrationnisme apparaît clairement comme une provocation ou une épreuve de force, qui naît de la négation interne et violente du peuple ancestral des Gaules, dont l’unité devrait être préservée, dans son identité millénaire. En effet la représentation du peuple autochtone qui est ici visée, exige aussi un Etat réformé, un nouvel Etat, autonome et fort qui ne peut plus être neutre, ni égal pour tous. Ajoutons que la neutralité constitutionnelle de la loi est instrumentale, pour le courant intellectuel des tenants de la "Révolution conservatrice”, vis-à-vis d’un ordre républicain et laïc, qui n’est pas respecté et constamment brisé par l’ennemi intérieur. C’est une nouvelle perspective juridique et politique qui s'ouvre ainsi à l'analyse des mesures à adopter pour rétablir la reconnaissance d'un primat, celui du peuple de souche sur ses terres ancestrales. Il s'agit de la place laissée à une reconnaissance intuitive de l’hostilité, fondée sur l’hétérogénéité des traditions et des passés, car le véritable ennemi est le porteur d’une différence éthique (histoire, métaphysique, philosophie, morale, civilisation et culture), qui vient d'ailleurs et de partout.  Cette difformité des principes d’origine rend impossible pour l’immigré de religion musulmane le passage à la modernité et à l’Etat séculier, car, selon Carl Schmitt, « tous les concepts politiques prégnants sont des concepts théologiques sécularisés ». Il en va, par voie de conséquence, que l’identité du peuple de souche, qui veut vivre inconditionnellement sa propre existence et avec elle, celle de sa propre souveraineté et croyance, est historiquement et politiquement menacée et compromise. En France et dans l'Europe intégrationniste comme jadis dans la République de Weimar, l’universalité de la loi apparaît fallacieuse, car la conjoncture politique, de type « pluraliste » (démocratique et libéral-socialiste) considère l’Etat comme une organisation de la « société civile » parmi d’autres et l’autorité, comme une condition de parité entre porteurs de droits équivalents, soumis à des Dieux autres et inégaux (la Charia et l’Etat républicain). En réalité, tout droit est politique et l’Etat et l’administration de la justice doivent être réinterprétés dans le sens de l’obéissance et de la soumission à une seule autorité, celle de la sauvegarde du peuple autochtone. Par cette interprétation Carl Schmitt remplace le normativisme abstrait de l’Etat de droit libéral, dépourvu de sanctions discriminatoires, avec la spécificité d’un droit d’enracinement national, comme condition pour combattre la perversion du désordre légal, supranational et local. Il ébauche ainsi les conditions d’établissement d’une « Révolution conservatrice », en vue d’un ordre républicain transformé, où l’intérêt existentiel d'un peuple-nation l’emporte et s'impose sur les intérêts particuliers de groupes ethniques et religieux minoritaires, à vocation totalisante et despotique.

Rupture du consensus et nouvelle perspective constitutionnelle et politique

Au sein d’un Etat de droit, la crise de légitimité est identifiable pour Max Weber, à une rupture du consensus et à celui de la croyance des citoyens dans la domination politique de l’Etat, désormais contesté par ses sujets. Lorsque, suite à des bouleversements intellectuels et moraux, un système de valeurs culturelles et sociales, liées à un ordre étatique et à une communauté politique spécifique, est brisé et appelé à se redéfinir, cette redéfinition peut se révéler dramatique et peut comporter l’utilisation de la violence (guerre civile ou Coup d'Etat), dans le but d’imposer la reconnaissance de l’autorité et le respect de la légalité et de la sécurité attaquées. Ça été le cas, avec fermeté et retenue, de la France de Macron pendant la crise des « Gilets Jaunes », les manifestations anti-pass sanitaire et les mouvements sociaux sur la réforme des retraites et notamment sur l’importation par la gauche islamisante du conflit israélo-palestinien au cœur du continent.

La France et la « crise organique » du « Vieux Pays »

La France est à un tournant existentiel de son histoire et en pleine tempête d’une « crise organique », qui la fissure en ses tréfonds passionnels. Et cette crise, aux triples ruptures, de consentement, d’autorité et de légitimité, secoue de fond en comble le rapport gouvernants-gouvernés et affecte en particulier les classes moyennes, non unifiées ni représentées politiquement par un parti central et unitaire. Cette France du milieu, tiraillée tantôt par les droites et tantôt par les gauches, est désemparée par le désordre et le chaos d’une violence destructrice.

Même dans des circonstances particulières, de contestation et de mobilisation de masse, les mécontentements protestataires (islamo-gauchistes) et les réactions d’indignation et de révolte des droites conservatrices au nom de la sécurité perdue, fusionnent en France, dans un désordre nihiliste et chaotique, dont les répercussions sont représentées par la demande d’un « état d’exception » et d'une figure salvatrice En effet la « rationalité » de la conservation politique inscrit le recours à la « Raison d'État » comme mode de re-légitimation politique et de maintien de la sécurité et de l’ordre. Au regard de la situation française, l’état d’exception s'impose dans le contexte d’un déclin interne et extérieur évident, affectant le régime parlementaire et la Cinquième République.

Quel salut pour une France et une Europe brisées par l'anarchie ? 

Un nouveau « Bloc Historique », national et européen

Le retour à un État autoritaire en France, comme bonapartisme inavoué et antithèse de l’État parlementaire peut-il être envisagé sous l’angle de la crise actuelle ? C'est la question inavouée et inavouable du moment.

Le renouveau intellectuel des droites françaises et européennes, à la lumière de la révolution néo-conservatrice américaine et de la pensée allemande de la République de Weimar, revient sans cesse sur l'irréductible dualité du politique, l'antagonisme de l'ami et de l'ennemi, du bien et du mal, dans l'approche du pouvoir, de sa conquête et de son maintien.

Rien à voir avec le « statu-quo » ou la simple légitimation par le suffrage, législatif ou présidentiel. Rien à voir non plus, avec les compromis et les accommodements du multiculturalisme et du pluralisme démocratique, comme variétés de l'anarchie (Heidegger), de « la French Theory » ou du racisme anti-blanc de la culture Woke.

La lutte pour le pouvoir n'a de sens que pour la conquête et la conservation du pouvoir, qui ne peut être neutre, avec la force des peuples et, dans le but de refonder un nouveau « Bloc Historique », national et européen.

 

Bruxelles, le 3 juin 2026

Irnerio Seminatore

 

- dernier ouvrage « Paix et Guerre dans la Grande Politique. La société planétaire, le déclin de l'Occident et la fin de la civilisation européenne », Ed. God. De Bouillon, février 2026

- voir aussi Recension Erudite                                                                                                         

Compte-rendu de lecture (Contribution épistémologique au concept « d'Hégémonie internationale ») par Ioana Baranovich